Big data, où en êtes-vous dans la finance française ?

Tout le monde en parle, y compris votre serviteur, de moins en moins, toutefois. Et pour cause ! La technologie nous promet tant de bouleversements salvateurs sur le front de la connaissance client ; la réalité du terrain est tout autre ?

Comme toujours, le marketing semble prendre le dessus sur l’opérationnel. Sociétés de services, éditeurs de logiciels, spécialistes de l’Analytics : tous ont flairé le bon coup. A un moment où le décisionnel était en perte de vitesse. Et hop, le Big data nous est arrivé. Avec sa cohorte de promesses. Vous les connaissez toutes, à commencer par une meilleure exploitation des données pour mieux surprendre le concurrent. Et, surtout, lui souffler ses clients. Avouez-le, par ces temps de vaches maigres, un tel miroir ne vous laisserait pas indifférent. Pourtant, les assurances et les banques n’en disent pis que pendre. Du moins pour le moment. La danse du ventre opérée par les tenants des Big data ne leur fait ni chaud ni froid. Vous me direz que c’est dans l’air du temps, un temps qui ne cesse de faire du yoyo. Et je vous répondrai en ramenant le débat sur le terrain du sérieux. Car l’enjeu est grave. Proposer de disséquer toutes les données issues des réseaux sociaux, du Web, des Smartphones et les analyser en temps réel pour proposer des lumières sur un prospect hésitant est, pour le moins, lumineux. Alors comment expliquer l’attentisme des banques et des assurances, pour ne pas dire indifférence face à cette innovation que sont les Big data ?

Il faut dire que ces secteurs d’activités n’ont jamais eu la culture de la réactivité technologique. Un système de production qui marche bien, une architecture de téléphonie qui permet de bien échanger avec les clients et un outil de commissionnement permettent de faire tourner la machine d’un porteur de risques. Ajoutez à cela un système de scoring et vous donnerez des ailes à une banque. Bien sûr, elle sera ringarde, mais elle fonctionnera, tout comme la société d’assurance équipée de composants identiques. Alors, pourquoi voulez-vous les pousser à investir davantage ? Concurrence farouche, pardi!

Oui, dans un tel contexte, il faut se différencier. A cette fin faut-il se lancer à corps perdu dans un vaste chantier, fut-il novateur ? Mon avis d’observateur de ces métiers, depuis 22 ans, est qu’il faut y aller, au fil de l’eau. Un Proof of Concept (POC) avec des données opérationnelles , des résultats à disséquer, puis une décision à prendre. Top départ ou Stand by. En fonction des enjeux stratégiques. La pression marketing peut attendre. Mieux, elle peut être balayée pour laisser la place au réel émaillée de technologies Big Data qui existent déjà. Teradata vous le confirmera à travers ses références sur le terrain. SAS également. Tout comme SAP et sa désormais technologie-leitmotiv Hana. En fait, l’offre commence à être mature. A l’instar du comportement des banques et des assurances en matière de déploiement des applications mobiles, leur investissement dans les Big data peut élargir leur champ des possibles. A elles de jouer. Malheureusement, beaucoup d’entre elles sont plongées dans de grands projets réglementaires coûteux, doivent optimiser leurs processus métiers et traquer des îlots de productivité sachant que de sources financières nouvelles, il n’y en a plus : la Bourse répond à son rythme. La fiscalité n’est pas favorable, l’assurance vie dévisse. Plus rien ne marche, sauf l’assurance santé qui pourtant risque de devenir problématique pour certains, à cause de l’ANI. Mais il s’agit là d’un autre débat. Bref, les poches ne sont pas pleines, même si elles ne sont pas vides. Justement, les Big data pourraient contribuer à les remplir à nouveau. A explorer.

Au fil des enquêtes que nous avons pu conduire ces derniers temps dans le monde de la finance, les expériences de Big data restent quasi-introuvables. Pourtant, Santiane, une jeune structure de courtage semble bien positionnée sur ce terrain. Elle investit massivement, toute proportion gardée, dans des ressources informatiques pour mieux recruter de nouveaux clients. Une stratégie qui semble porter des fruits au sein de cet intermédiaire encore de taille modeste. Alors are Big data So Good for Small Sizes ? Affirmatif. Y compris pour les plus gros.

 

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